Citoyenneté

Le Courriel
Claude Bérit-Débat
Vice-Président du Sénat
Sénateur de la Dordogne
13 février 2015
Cinquième Conférence de presse du Président de la République du 5 février 2015 :
Donner corps à l’esprit de janvier 2015 et renforcer l’unité de la République
Jeudi dernier, le Président de la République est notamment revenu, à l’occasion de sa cinquième conférence de presse, sur les événements de janvier. Il a rappelé l’esprit qui a animé les Français lors de cette tragédie et leur volonté de proclamer haut et fort leur attachement à la République et à son unité. A partir de là, il a aussi, et surtout, évoqué l’action nécessaire de l’État pour réaffirmer, défendre et faire vivre cette unité républicaine à laquelle nous sommes tous attachés.
Il me semblait donc nécessaire d’évoquer avec vous, à travers ce mailing, les annonces faites par le Chef de l’Etat lors de cette conférence de presse, afin de faire vivre cet esprit et lui donner toute sa signification à travers l’action de l’État.
En effet, le Président de la République a d’abord tenu à rappeler que « l’esprit de janvier 2015, c’est l’unité de la République. Cette exigence n’efface pas les différences, les clivages, mais les dépasse dans une force qui va à l’essentiel, assurer la cohésion du pays pour le faire avancer, le faire réussir ».
Cet esprit-là, le gouvernement devra le prolonger. A ce titre, le Chef de l’État a clairement signifié que, si la République doit être irréprochable pour les libertés et pour le droit, elle sera aussi intraitable et implacable avec ceux qui entendent le remettre en cause.
Car la menace, on le sait malheureusement, est bien réelle. Face à celle-ci, au-delà d’une vigilance renforcée, le Président a annoncé qu’une « loi sur le renseignement est en cours de préparation, sera présentée en mars et votée avant l’été ».
Il a tenu également à indiquer que « la laïcité n’est pas négociable » : si la liberté de conscience et donc la liberté des religions, doivent être garanties, sans qu’il soit besoin d’ailleurs de modifier la loi de 1905, elles ne sauraient méconnaître la laïcité qui fonde notre pacte républicain.
Dans cette perspective, la laïcité apparaît aujourd’hui comme un bien commun à tous, qu’il faut protéger et défendre. C’est pourquoi le Chef de l’État a tenu à réaffirmer que la laïcité doit se transmettre et s’apprendre, notamment par l’école.
A ce titre, il a « demandé au ministre de l’intérieur un travail pour la sécurité des mosquées et la formation des imams, des aumôniers et la lutte contre la radicalisation ».
Constatant ensuite que le culte musulman en France a été organisé mais n’a pas la capacité de faire prévaloir un certain nombre de règles, de principes, il a demandé au gouvernement « de travailler pour renforcer la représentativité du conseil du culte musulman et de travailler avec lui pour régler des problèmes bien précis, comme la formation des imams » ; Estimant ensuite que « L’école, c’est la meilleure arme pour la reconquête », et que c’est depuis le début la priorité du quinquennat, il a annoncé l’objectif fixé au gouvernement d’agir pour la maîtrise du français dès la maternelle, et le déblocage de nouveaux moyens contre le décrochage scolaire.
Il a indiqué également que la formation des enseignants sera renforcée pour les préparer à leur métier et que les lycées professionnels seront revalorisés et le parcours de ces jeunes sera accompagné.
Le Président de la République a en outre évoqué la nécessité de lutter contre les inégalités entre territoires, car celles-ci contribuent, on le sait, à la déstructuration du lien social.
Il a ainsi fait du « peuplement », c’est-à-dire la mixité sociale, une priorité et appelé notamment aux respects des exigences (qui devront être renforcées autant que besoin) en matière de logements sociaux là où ils sont nécessaires mais pas forcément là où ils sont déjà.
Il en appelle ainsi au strict respect de la loi SRU, quitte à ce que les pouvoirs des préfets soient renforcés, tout comme d’ailleurs les sanctions financières qui sanctionnent le non-respect des obligations légales.
Il s’agit-là d’une première étape, qui sera complétée par des mesures « d’accompagnement », « pour que le tissu social soit renforcé en nous appuyant sur les associations, sur la démocratie » et « le développement, avec la création d’une Agence du développement économique ».
Le Chef de l’Etat a, de plus, proposé un « nouveau contrat civique ». Celui-ci se déclinera en plusieurs aspects.
D’abord, la mise en place d’un service universel pour les jeunes. Ainsi, tout jeune qui voudrait faire un service civique « pourra le faire dès le 1er juin » ; la question d’un service civique obligatoire, si elle mérite d’être posée, devant être tranchée par les citoyens.
Ensuite, la création d’une réserve citoyenne, qui permettra aux personnes volontaires pourront aussi proposer leurs services aux collectivités.
Enfin, l’expérimentation en métropole du service militaire adapté (SMA), actuellement en vigueur outre-mer, avec la création de trois centres.
Au-delà de ces déclarations directement liées à « l’esprit de janvier », le Chef de l’État a tenu à lier la question de l’unité de la France à celle de son bon développement économique, pointant, à juste titre à mon sens, que la République ne pouvait qu’être renforcée par des perspectives de croissance économique – et donc d’emploi – solides.
Il a ainsi rappelé la priorité qui est la sienne d’une croissance aux fondements assainis ; d’une croissance qui se réalise sans remettre en cause l’effort sur les déficits publics.
Sur ce point, il a invoqué le devoir « d’audace, de volonté et donc d’initiative » qui s’impose au gouvernement. Ce devoir se traduit déjà en actes, puisque « le pacte de responsabilité est en application depuis le 1er janvier et qu’une loi est en discussion au Parlement ».
L’effort doit être cependant prolongé, raison pour laquelle il estime que « nous devrons aller plus loin encore avec des réformes sur l’emploi des jeunes, l’insertion des chômeurs de longue durée, faciliter le financement de notre économie. Nous avons besoin d’un dialogue social rénové. Il peut parfois échouer. Quand les discussions n’aboutissent pas, l’Etat doit prendre la relève. Ce qui sera bientôt fait, avec une loi ».
Pour terminer, soucieux d’adapter l’offre de formations à destination des salariés, il a confirmé la création d’« une grande école du numérique chargée de diffuser ses formations partout sur le territoire en plus de ce qui va être fait dans le cadre de l’enseignement ».
Au total, le Chef de l’État a montré combien il entendait préserver et renforcer l’unité de la République, en agissant aussi bien en vue de renforcer la laïcité, qu’en continuant à travailler au redressement économique du pays.
Ce programme de travail, vaste et ambitieux, me semble tout à fait adapté à la situation de la France. Il nous reste, chacun à notre niveau, à contribuer à sa concrétisation. Ce que, pour ma part, en tant que parlementaire, je ferai sans réserve, et avec conviction.